ONU : Six mois pour nourrir les syriens ?

La Russie a fait savoir à ses partenaires du Conseil de sécurité de l’ONU qu’elle ne voulait plus qu’un point d’entrée frontalier pour l’aide humanitaire apportée par les Nations unies à la population dans le nord-ouest de la Syrie et uniquement pour six mois, a-t-on appris mercredi de sources diplomatiques.

Les Russes « ont dit seulement un point d’entrée et pour six mois » sur la frontière turque, a indiqué à l’AFP un diplomate sous couvert d’anonymat. « La négociation est compliquée, la Russie parle d’un point d’accès seulement », a confirmé un autre diplomate tandis qu’un troisième diplomate, également sous couvert d’anonymat, rappelle que dans le passé les Russes « ont beaucoup parlé d’arrêter le dispositif transfrontalier ».

Existant depuis 2014, ce dernier, qui s’affranchit de toute autorisation de Damas, arrive à expiration le 10 juillet et l’Allemagne et la Belgique, chargées de ce dossier, ont entrepris des négociations pour sa prolongation. Leur projet de résolution prévoit de maintenir pour un an les deux points d’entrée actuels sur le territoire syrien par la Turquie, rejoignant une demande du secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, formulée dans un rapport datant du 23 juin. 

En janvier, Moscou, qui dispose d’un droit de veto au Conseil de sécurité et qui est le premier soutien de la Syrie, avait déjà réduit le nombre de points d’entrée dans le pays de quatre à deux et avait limité l’autorisation à six mois au lieu de l’accord annuel donné jusque-là.

La Russie et la Chine, qui avaient mis en décembre leur veto à une résolution germano-belge prévoyant trois points d’entrée pour un an, jugent que l’autorisation transfrontalière viole la souveraineté de la Syrie et que l’aide peut passer par les autorités syriennes à la faveur de leur reprise de contrôle de territoires.

Faux, rétorquent les Occidentaux comme l’ONU qui jugent que le dispositif transfrontalier n’a pas d’alternative et qu’il reste indispensable pour des millions de personnes vivant dans le nord-ouest, qui englobe la région d’Idleb, et dans le nord-est, dans des régions échappant au contrôle de Damas.

Pour justifier sa nouvelle demande de réduction du dispositif, la Russie avance le fait que sur les deux points utilisés aujourd’hui sur la frontière syro-turque, à Bab al-Salaam et Bab al-Hawa, le deuxième est le plus « utilisé alors que l’autre l’est très peu » et peut donc être fermé, indique un diplomate.

Dans son rapport, Antonio Guterres indique qu’entre le 1er avril et le 31 mai, 3.146 camions d’aide humanitaire sont passés par ces deux points transfrontaliers. Bab al-Salaam a vu passer 593 véhicules contre 2.553 ayant traversé Bab al-Hawa au cours des deux mois, précise son rapport.

Depuis 2014, 4.774 camions ont utilisé le point d’entrée de Bab al-Salaam et 28.574 celui de Bab al-Hawa, précise aussi le chef de l’ONU.

Aucune date n’a encore été arrêtée publiquement par l’Allemagne, présidente en exercice du Conseil de sécurité en juillet, pour un vote de cette instance.

(avec Afp)

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