RDC : Inviolabilité du siège du Parlement

Après les manifestations violentes des 23 et 24 juin aux abords du Palais du peuple et dans certains quartiers de Kinshasa, le chef du gouvernement central, Sylvestre Ilunga Ilunkamba, a instruit le Vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur et sécurité, Gilbert Kankonde et son collègue de la Justice et Garde des sceaux, Célestin Tunda Ya Kasende, de veiller à l’inviolabilité du Palais du peuple, siège du Parlement. C’était au cours d’une séance de travail qu’il a présidée jeudi 25 juin dans son cabinet avec les différentes personnalités concernées.

Le vice-Premier ministre, ministre de l’Intérieur et Sécurité, Gilbert Kankonde, a été instruit « de veiller, de manière permanente, à l’inviolabilité du siège du Parlement et à la sécurité des personnes et des biens, de traquer et de mettre aux arrêtes les auteurs de ces actes de vandalisme ».

Quant à son collègue de la Justice et Garde des sceaux, Célestin Tunda Ya Kasende, il lui a été donné l’ordre  » d’organiser des poursuites judiciaires à charge des personnes déjà appréhendées et de tous ceux qui seront identifiés comme ayant participé à ces événements jugés inqualifiables, inadmissibles et intolérables dans un pays qui se veut respectueux des droits de l’homme.

« SITUATION INADMISSIBLE… »

Par la voix de son porte-parole, Albert Lieke Milay, le Premier ministre a condamné ces événements qui se sont produits pendant deux jours consécutifs dans le périmètre du siège du Parlement.

Pour Sylvestre Ilunga, cette situation est inadmissible dans un Etat qui se veut de droit. « Il est intolérable qu’un groupe de personnes, sans qualité clairement définie, s’érige en une force négative et tente d’imposer son diktat, en foulant aux pieds les lois de la République, au risque d’entraîner la Nation dans des conflits intercommunautaires sanglants », déclare le chef de l’Exécutif qui a fustigé le fait que ces manifestations se soient déroulées en période d’état d’urgence sanitaire décrétée par le Chef de l’Etat.

« Cette situation est d’autant plus intolérable que ces manifestations se déroulent en période d’état d’urgence décrétée par le Président de la République, chef de l’Etat, lequel interdit notamment le rassemblement de plus de 20 personnes dans des lieux publics ».

Sylvestre Ilunga Ilunkamba rappelle que durant deux jours, des groupes de personnes se déplaçant à motos, ont tenté de prendre d’assaut le Palais du peuple, siège du Parlement de la République, créant du désordre et empêchant les élus légitimes du peuple de se consacrer au travail pour lequel ils ont été élus. 

DES POURSUITES JUDICIAIRES SERONT ENCLENCHÉES…

Les « auteurs matériels et intellectuels » des manifestations violentes dirigées contre le sanctuaire qu’est le siège du Parlement et les députés n’ont qu’à bien se tenir. La Justice sera à leurs trousses. C’est ce qui ressort du communiqué du bureau de l’Assemblée nationale rendu public hier. Signe que l’heure est grave, c’est la Présidente de la Chambre en personne qui est montée au créneau.

« Le Bureau de l’Assemblée nationale informe que des poursuites judiciaires seront enclenchées à l’égard des auteurs de ces actes répréhensibles et de leurs auteurs intellectuels bien identifiés » renseigne le communiqué. Avant de prévenir la cible clairement identifiée par le Bureau, en l’occurrence l’UDPS sur ce à quoi elle s’expose : « La loi de n°04/002 du 15 mars 2004 portant organisation et fonctionnement des partis politiques en ses articles 29 et 30 prévoit des sanctions aux formations politiques et à leurs dirigeants qui portent atteinte à l’ordre institutionnel démocratique ou troublent gravement l’ordre public ».

Pour rappel, le Palais du peuple a été pris d’assaut par les conducteurs de taxis-motos appelés communément  » Wewa  » deux jours de suite, soit les 23 et 24 juin. Ces manifestants ont empêché les députés et même les sénateurs d’accéder à leur lieu de travail. Certains parlementaires ont même été violentés physiquement et leurs véhicules cannibalisés. Le Canada, le Royaume-Uni et les États-Unis dans une déclaration rendue publique hier jeudi 25 juin à Kinshasa,condamnent la violence et appellent toutes les parties à la retenue. Ce, au lendemain des manifestations des militants de l’Union pour la démocratie et le progrès social ( Udps), contre trois propositions de loi portant réforme de l’appareil judiciaire, initiées par les députés nationaux battant pavillon FCC Aubin Minaku et Garry Sakata. 

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