Procès : Kamerhe mis à nu !

Convoqués à l’audience d’hier, les membres de la chaîne des dépenses du Gouvernement Tshibala dont Henri Yav, ministre des Finances, Jean-Pierre Kangudia, celui du Budget et le gouverneur de la Banque centrale du Congo (BCC) Déogratias Mutombo ont soutenu que le décaissement des fonds liés au programme de 100 jours n’avait pas suivi la procédure normale, car opéré sous le mode urgence. Ils affirment également n’avoir pas été associés à la sélection des prestataires. Le ministre des Finances Henri Yav a, pour sa part, reconnu avoir été instruit de décaisser des fonds liés à l’exécution de ce programme sur demande du directeur de cabinet du chef de l’État, Vital KAMERHE LWA KANYINGINYI NKINGI. Une autre question qui a fait l’objet de beaucoup d’interrogations au cours de cette instruction a été celle relative aux attributions et compétences du Comité de suivi et de supervision de l’exécution de ce programme. La plupart des témoins et renseignants interrogés ont affirmé n’avoir jamais officiellement fait partie de la Commission de supervision et de suivi des travaux. L’ambassadeur itinérant du Président de la république, Nicolas Kazadi a affirmé n’avoir jamais, correspondances échangées faisant foi, été associé dans la partie financement de ce programme d’urgence. Il précise que, comme membre de la Commission de supervision et de suivi des travaux de 100 jours, il n’a pas non plus été impliqué dans la désignation des prestataires qu’il ignorait jusqu’il n’y a pas longtemps.

Plusieurs témoins et renseignants ont défilé devant les juges du Tribunal de grande instance de Kinshasa Gombe siégeant en audience foraine hier jeudi 4 juin, à la prison centrale de Makala, dans l’affaire opposant le directeur de cabinet du chef de l’État Vital Kamerhe et consorts au ministère public. Après une instruction qui a fini tard dans la soirée, le juge président a levé la séance en renvoyant l’affaire à jeudi 11 juin pour les plaidoiries.

C’est dire que l’instruction au fond dans le cadre de cette affaire du détournement des deniers publics va donc se clôturer le jeudi 11 juin prochain. Après plaidoirie du ministère public et de la défense, ainsi que la conclusion de la partie civile, le Tribunal va devoir prendre l’affaire en délibéré pour se prononcer dans le délai prévu par la loi.

C’est alors qu’interviendra le moment tant attendu par nombre de congolais, où la composition va prononcer sa décision, mieux son jugement sur le sort à réserver au président de l’Union pour la nation congolaise (UNC) et consorts dans cette vaste affaire de détournement des deniers publics.

Après débat et dépositions des témoins et renseignants à l’audience d’hier jeudi 4 juin, le Tribunal a estimé voir sa religion suffisamment éclairée pour tirer sa conclusion, en se fondant justement sur son intime conviction. Il reste donc plus qu’à attendre la conclusion des parties, à travers la plaidoirie fixée au jeudi 11 juin prochain, donc dans la huitaine.

Convoqués à l’audience d’hier, les membres de la chaîne des dépenses du Gouvernement Tshibala dont Henri Yav, ministre des Finances, Jean-Pierre Kangudia, celui du Budget et le gouverneur de la Banque centrale du Congo (BCC) Déogratias Mutombo ont soutenu que le décaissement des fonds liés au programme de 100 jours n’avait pas suivi la procédure normale, car opéré sous le mode urgence. Ils affirment également n’avoir pas été associés à la sélection des prestataires.

Le ministre des Finances Henri Yav a, pour sa part, reconnu avoir été instruit de décaisser des fonds liés à l’exécution de ce programme sur demande du directeur de cabinet du chef de l’État. Une autre question qui a fait l’objet de beaucoup d’interrogations au cours de cette instruction a été celle relative aux attributions et compétences du Comité de suivi et de supervision de l’exécution de ce programme. La plupart des témoins et renseignants interrogés ont affirmé n’avoir jamais officiellement fait partie de la Commission de supervision et de suivi des travaux.

L’ambassadeur itinérant du Président de la république, Nicolas Kazadi a affirmé n’avoir jamais, correspondances échangées faisant foi, été associé dans la partie financement de ce programme d’urgence. Il précise que, comme membre de la Commission de supervision et de suivi des travaux de 100 jours, il n’a pas non plus été impliqué dans la désignation des prestataires qu’il ignorait jusqu’il n’y a pas longtemps.

Plusieurs autres témoins et renseignants ont été auditionnés au cours de cette audience mouvementée, due en partie par les témoins convoqués à la barre. Il s’agit notamment de Amida Chatur, femme de Vital Kamerhe, de Soraya Mpiana, la fille de cette dernière, de son cousin Daniel Massaro, du commandant de la Garde républicaine, du député provincial Peter Kazadi, du ministre des Affaires foncières Molendo Sakombi, de conservateurs des titres immobiliers et de plusieurs autres membres du cabinet du chef de l’État.

La plupart des déclarations ont renvoyé en bloc la responsabilité de ce détournement présumé des deniers publics à la Présidence de la République accusée d’avoir mal géré ce Programme d’urgence, pourtant salutaire pour le peuple congolais.

Dans ses interventions, la défense de Vital Kamerhe, en l’occurrence maître Kabengela Ilunga a affirmé n’avoir toujours pas été renseigné jusque-là, de la part du ministère public, du moment où leur client est personnellement intervenu pour détourner les fonds liés à l’exécution de ce programme d’urgence.

Tout en renvoyant la cause à jeudi 11 juin prochain, le Tribunal a promis de siéger en chambre du Conseil pour statuer sur la énième demande des liberté provisoire des prévenu Vital Kamerhe et Samih Jammal. 

DÉPOSITION LIMPIDE DE MOLENDO SAKOMBI

Invité au tribunal de grande instance de Kinshasa-Gombe comme renseignant dans le procès de 100 jours, le ministre des Affaires foncières, Molendo Sakombi, a fait une déposition très limpide pour la Cour. Le patron des Affaires foncières n’a pas du tout interféré dans le dossier impliquant le célèbre homme d’affaires libanais Jammal, Soraya Mpiana et Daniel Massaro. « Ce n’était pas mon rôle comme ministre », a-t-il fait savoir devant la Cour.

À la question de savoir s’il a demandé que les titres de Soraya soient établis d’urgence, comme mentionné dans les auditions du Conservateur des titres immobiliers, le ministre Molendo Sakombi a expliqué qu’il se trouvait avec le Chef de l’Etat qui lui donnait quelques orientations. Par la suite il devait faire un état de lieux du secteur foncier Rd congolais. Et à la suite du projet de la Corniche de Ngaliema, il a juste fait venir les titres de Jammal dans son cabinet.

« Maître Bokolombe ici présent est venu me voir pour me parler des titres de Jammal annulés pour erreur matérielle, afin de lui délivrer deux nouveaux titres, alors que j’avais déjà fait un arrêté interdisant toute construction et morcellement des terrains là-bas (Corniche de Ngaliema, NDLR), J’ai donc finalement autorisé, » déclare-t-il et assure avoir reçu les deux titres de Jammal par son assistant.

Devant la Cour, le ministre des Affaires foncières a affirmé qu’on ne peut ériger des maisons à la baie de Ngaliema, mais puisqu’il avait déjà institué une commission, il ne pouvait plus bloquer les titres. 

(avec ForumDesAs)

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