Procès Kamerhe : Juge Yanyi mort par empoisonnement…

La troisième audience du procès Kamerhe & consorts est maintenue à la date du 03 juin, comme l’avait affirmé une source judiciaire. Mais avec quelle composition au niveau du tribunal ? Et, surtout, dans quel état d’esprit ? Autant de questions sans réponses qui agitent l’opinion. Alors que le public passionné par le procès attendait impatiemment la comparution des témoins, avec à la clé des révélations peut-être fracassantes, patatras ! Raphaël YANYI, président du tribunal de Grande ins- tance en charge du dossier, meurt subite- ment dans la nuit du 26 au 27 mai. Quelques heures après cette tragédie, tombe une deuxième mauvaise nouvelle : l’autopsie impute le décès à l’empoisonnement.

Depuis une semaine, des échos en provenance des provinces et de la diaspora expriment colère et consternation. Les réseaux sociaux sont en ébullition et, très vite, le pays sombre dans une espèce d’hystérie collective.

Qui donc a tué leprésident du tribunal ? À qui profite le crime que d’aucuns attribuent « au masque que lui avait ostensiblement offert un quidam pendant l’audience, devant des caméras et des milliers de téléspectateurs » ?

À la Justice de poursuivre le procès, sans inféodation politique ni atermoiements né- fastes d’antan, afin que la mort de Raphaël ne soit pas une mort pour rien. Ainsi la Justice rendrait-elle honneur à l’un de ses dignes représentants qui a démontré, en un bref laps de temps, son engagement à accompagner le président Tshisekedi dans la restauration de l’indépendance de la Justice.

Selon plusieurs sources, Hippolyte KANAMBE alias « Joseph KABILA », l’un imposteur tutsi rwandais qui continue de contrôler le pouvoir en République Démocratie du Congo (RDC), aurait fait assassine le Juge Président pour sauver Vital KAMERHE LWA KANYINGINYI NKINGI – qui, pour certaine source judiciaire crédible, se dirigerait vers une condamnation sûre et certaine.

POUR RAPPEL : MORT TROUBLANTE DU JUGE

La ville de Kinshasa s’est réveillée sous un terrible choc : c’est celui de la mort inopinée et troublante du magistrat Raphaël Yanyi Ovungu, juge-président du Tribunal de Grande Instance de Gombe et juge chargé du procès de Vital Kamerhe, Directeur de cabinet du Chef de l’Etat, et de Samih Jammal, Directeur général de la société Samibo, poursuivis tous deux devant cette juridiction pour détournement présumé de la somme de 47 millions de dollars américains destinés à la construction de 1.500 maisons préfabriquées à Kinshasa et dans certaines provinces du pays. L’homme, selon des sources familiales, a été pris de malaise en début de soirée du mardi 26 mai 2020, chez lui, sur rue Ntimansi, au quartier Bisengo, dans la commune de Bandalungwa. Après avoir pris son repas du soir, il est allé au lit très tôt, vers 19 heures.

C’est quand son épouse s’est rendu dans leur chambre à coucher, vers 23 heures, qu’elle a constaté que son mari était mal en point. Elle a aussitôt décidé qu’il soit amené au Centre Hospitalier Nganda où, soutiennent les mêmes sources, il a succombé vers 1 heures du matin, après son admission aux soins intensifs.

Mais avant son transfert à l’hôpital, ses proches ont constaté que sa peau était devenue toute noire. Cette mutation subite les pousse à croire à un empoisonnement. D’où, la nécessité d’une autopsie pour fixer l’opinion.

S’agissant de la thèse de l’assassinat, elle tient la route car en dehors d’une attaque à main armée ou avec arme blanche, quelqu’un peut aussi être assassiné par empoisonnement.

Selon ses proches, il ne manifestait aucun signe de maladie lundi, après l’audience qu’il a dirigée à la Prison Centrale de Makala, ainsi que le mardi. D’où l’exigence d’une autopsie pour connaître la cause exacte du décès subit du juge-président Raphaël Yanyi.

Assassinat ?

Aux premières heures de la matinée d’hier mercredi 26 mai, une rumeur incontrôlée faisait état de l’assassinat de Raphaël Yanyi par des inconnus armés. Mais, aucune précision n’était fournie sur les circonstances de ce prétendu crime. Ladite rumeur a été rapidement démentie par la famille du défunt d’abord et par le général Sylvanus Kasongo, commandant de la police provinciale ville de Kinshasa ensuite. Ce dernier a catégoriquement balayé la version de l’assassinat à main armée, signalant au passage que le juge-président du Tribunal de Grande Instance de Kinshasa/Gombe était sous haute protection policière.

Empoisonnement ?

La piste de l’empoisonnement est également à l’ordre du jour. Une certaine rumeur a fait croire que Raphaël Yanyi aurait abondamment vomi dans la soirée du mardi 26 mai, avant de piquer une crise. Des sources incontrôlées ont même affirmé qu’il aurait vomi du sang. Encore une fois, les proches du défunt ont réfuté la thèse d’un quelconque vomissement. D’où, l’unique alternative qui reste pour savoir de quoi est mort ce magistrat est l’autopsie.

C’est du reste pour protester contre le grand flou qui entoure le décès du magistrat Raphaël Yanyi que des jeunes de Bandal ont barricadé, hier matin, les voies menant à sa résidence, brûlé des pneus, caillassé des véhicules, et détruits des étals des particuliers. Il a fallu une intervention musclée de la police pour rétablir l’ordre.

Vedette éphémère d’un procès sous haute tension

Avant l’ouverture du procès de Vital Kamerhe et Jammal, les avocats de ces deux prévenus ainsi que les cadres et militants de l’UNC (Union pour la Nation Congolaise), le parti dupremier cité, avaient exigé, avec insistance, que les audiences soient diffusées, en direct, sur la RTNC (Radio Télévision Nationale Congolaise). Le résultat visé était de prévenir toute mascarade de procès et de permettre à Kamerhe de cracher des « vérités » sur les tenants et les aboutissants du dossier des détournements des fonds du programme de 100 jours du Chef de l’Etat.

Illustre inconnu du grand public jusqu’au 11 mai 2020, Raphaël Yanyi était attendu, par tous, comme le magistrat qui devrait permettre à toutes les parties de s’exprimer selon les règles du droit, afin que les « vérités » attendues par tous puissent éclater effectivement, soit contre les prévenus Kamerhe et Jammal, soit contre le ministère public, gardien des intérêts de la République Démocratique du Congo. En fait, le rôle attendu du juge-président du Tribunal de Grande Instance de Kinshasa/Gombe devrait être celui de favoriser l’expression de tous les sons de cloche, jusqu’au prononcé d’un verdict équitable.

Aussi, dès la première audience, à savoir celle du lundi 11 mai 2020, la défense semblait chercher la faille dans la prestation de celui qui avait la police des débats.

Contrairement aux appréhensions de certains, Raphaël Yanyi avait crevé l’écran, conduisant les débats avec calme, autorité et clairvoyance, recadrant toutes les parties en cause, chaque fois que l’exigeaient les circonstances. Au terme de cette première audience, l’opinion tant nationale qu’internationale était unanime sur un fait : le procès de Kamerhe et Jammal n’était ni du théâtre, ni un «prêt à porter» déjà ficelé par le pouvoir en place. Chacun sentait que le dossier de 47 millions de dollars américains partis en fumée après leur sortie du trésor public allait livrer ses secrets au fil des audiences.

Celle du lundi 25 mai 2020, présidée par le même juge, a semblé avoir planté le décor des « vérités » attendues par tous, lesquelles allaient certainement sortir des bouches des témoins et renseignants cités aussi bien par le ministère public, les avocats des parties civiles que ceux de la défense. Au cours de la même audience, l’arrogance du prévenu Kamehre et ses menaces, à peine voilées, sur l’officier du ministère public et les avocats des parties, surtout lors de la citation de son épouse, Hamida Shatur, sur la liste des témoins attendus à l’audience du mercredi 3 juin 2020, avaient intrigué plus d’un téléspectateur.

Raphaël Yanyi aurait-il été éliminé pour l’empêcher de faire connaître aux Congolaises et Congolais la vérité sur le premier de la longue série des dossiers des détournements des fonds publics liés aux travaux de modernisation et de réhabilitation des infrastructures de base, dans le cadre du programme d’urgence des 100 jours du Chef de l’Etat ? Il serait hasardeux de l’affirmer. Car, selon des sources judiciaires, le procès de Kamehre et Jammal devrait reprendre, comme prévu, le mercredi 03 juin 2020 à la Prison Centrale de Makala. Pour ce faire, la hiérarchie du pouvoir judiciaire devrait nommer rapidement un juge-président intérimaire du Tribunal de Grande Instance de la Gombe, en remplacement du défunt. En principe, le poste devrait revenir au magistrat le plus gradé et le plus ancien dans cette juridiction. C’est à ce dernier que devrait revenir la lourde charge de désigner une nouvelle composition.

Une fois cela fait, l’audience du 3 juin 2020 devrait commencer par la réouverture des débats, avec en point de mire la lecture, à l’intention du nouveau président de séance, de tous les procès-verbaux des séances du 11 et 25 mai 2020. Si le concerné s’estime suffisamment édifié et si le temps le permet, il pourrait passer à l’audition des témoins et renseignants. Dans le cas contraire, il pourrait ordonner le renvoi de l’affaire à une date ultérieure. Bref, la mort de Raphaël Yanyi ne met pas un terme du procès de Vital Kamhere et Samih Jammal.

LA BALLE DANS LE CAMP DU MÉDECIN-LÉGISTE

Aussitôt informé du cas du décès subit du juge Raphaël Yanyi Ovungu ainsi que des circonstances troubles de ce trépas, le Parquet de Grande Instance de Kinshasa/Gombe, s’est promptement saisi du dossier. Compte tenu des soupçons d’empoisonnement de l’illustre disparu et de l’exigence d’une autopsie diligente par sa famille, une réquisition à médecin a été établie hier même par le premier substitut Emile Ndjale Wemambolo et adressée au médecin-légiste de l’Hôpital Général de Référence de Kinshasa (ex-Mama Yemo).

Ce magistrat a requis le concours du médecin légiste aux fins de procéder à l’examen du corps du défunt et de déterminer les causes de sa mort.

Le même officier du ministère public a saisi le médecin directeur de l’Hôpital Général Militaire du Camp Kokolo, dans la morgue duquel est gardé le corps de Raphaël Yanyi, pour que les précautions utiles soient prises pour éviter tout contact de sa dépouille avec des « mains inexpertes ».

Le rapport du médecin-légiste est impatiemment attendu, non seulement par les instances judiciaires, la famille du défunt mais aussi l’opinion tant interne et externe, fortement perturbées par la disparition inopinée de celui qui était chargé de gérer l’un des dossiers ultra sensibles liés aux détournements des fonds publics décaissés pour financer les travaux d’urgence du programme des 100 jours du Chef de l’Etat.

C’est le suspense, que l’on espère ne pas être trop long, dans cette affaire qui tend à prendre une dimension criminelle. Car, selon des indiscrétions échappées des sources familiales, Raphaël Yanyi aurait pris un rafraichissement, le lundi 25 mai, peu avant d’ouvrir l’audience du jour, à la Prison Centrale de Makala, consacrée à la poursuite de l’instruction du dossier de Vital Kamerhe et Samih Jammal, co-prévenus dans l’affaire de détournement de plus de 47 millions de dollars pour la construction de 1.500 maisons préfabriquées. La clé de l’énigme se trouverait-elle à ce niveau ?

Un médecin proche de la famille, qui se serait exprimé sous le sceau de l’anonymat, après avoir été informé du malaise qui a frappé et emporté le juge-président du Tribunal de Grande Instance de Gombe ainsi que des effets bizarres constatés sur son corps, notamment un noircissement suspect de sa peau, a soutenu l’hypothèse d’un empoisonnement à retardement.

A l’en croire, seule une substance toxique aurait provoqué, chez le défunt, un malaise du genre d’une crise cardiaque.

Formelle, sa veuve persiste à soutenir que son mari n’avait pas d’antécédents cardiaques. D’où, une éventuelle défaillance cardiaque subite ne pourrait être que la conséquence d’un empoisonnement. Encore une fois, tout le monde est invité à prendre son mal en patience, en attendant le rapport confidentiel du médecin-légiste au Parquet de Grande Instance de Kalamu.

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