RDC : Pas de poursuites judiciaires contre le voyou Thambwe MWAMBA

La Commission spéciale chargée d’examiner la requête du Procureur général près la Cour de Cassation sollicitant la levée des immunités du président du Sénat, Alexis Thambwe Mwamba, a présenté son rapport en plénière mardi 26 mai 2020. Sans surprise, la plénière a voté contre les poursuites judiciaires à l’endroit de l’intéressé. Présidée par le sénateur André Kimbuta, indique-t-on, cette commission spéciale a opté pour le maintien des immunités du président de la chambre haute du Parlement et, partant, pour le rejet des poursuites judiciaires qu’envisageait d’engager, contre lui, le Parquet général près la Cour de Cassation. Sans surprise, au regard de la majorité numérique dont dispose le FCC (Front Commun pour le Congo) au Sénat, la requête du Procureur général près la Cour de Cassation a été recalée. On rappelle que l’affaire tourne autour d’une plainte déposée auprès de cette juridiction, par la sénatrice Bijou Ngoya, à charge d’Alexis Thambwe Mwamba. Pour « injures publiques et imputations dommageables ». La précitée avait en effet décidé de saisir la justice parce que s’estimant humiliée par le président du Sénat, lors de la plénière du jeudi 30 avril 2020, au cours de laquelle elle avait soulevé la question du coût, à ses yeux exorbitants, des travaux de réhabilitation des locaux de la chambre haute du Parlement, au Palais du Peuple, à hauteur de 4 millions de dollars américains.

Alexis Thambwe Mwamba ne se présentera pas devant les Cours et tribunaux. Le réquisitoire de la Cour de cassation sollicitant la levée de ses immunités parlementaires, a été rejeté par les sénateurs réunis en plénière mardi 26 mai. Bénéficiant ainsi du soutien de ses collègues sénateurs, le premier des sages de la chambre haute du Parlement peut désormais sabler sa coupe de champagne, en attendant la suite de son dossier.

Dans une assemblée délibérante, majoritairement composée de membres issus de la famille politique d’Alexis Thambwe, d’aucuns estiment que l’issue du réquisitoire du Parquet général près la Cour de cassation était connue d’avance. Raisonnablement, aucun analyste sérieux n’attendait voir la plénière du Sénat livrer le speaker de leur chambre. Dit autrement, c’est le contraire qui serait l’info. En d’autres termes, la plus grosse surprise aurait été que la majorité confortable du FCC au sénat, ait répondu favorablement à la demande de cette haute juridiction de l’ordre judiciaire.

La demande de levée des immunités parlementaires d’Alexis Thambwe Mwamba, par le procureur général près la Cour de cassation, a été officiellement déposée le 11 mai au Sénat. Soit, une semaine après dépôt, le 4 du même mois, de la plainte de la sénatrice Bijoux Goya Kitenge pour diffamation et injures publiques.  » Il ne faut pas confondre l’action de la Justice avec celle du Parlement. La Justice va continuer à faire son travail. Elle a porté plainte avant les excuses. Il faut dissocier les deux affaires « , avait déclaré au média en ligne Actualité.CD, un proche de Bijoux Goya, qui confirmait sa plainte le vendredi 8 mai contre ATM au Parquet général près la Cour de cassation.

Sans tourner le couteau dans la plaie -peut-être encore fraiche- de l’auteure de l’accusation, l’affaire remonte de la plénière du mercredi 29 avril du Sénat. Ce jour-là, la sénatrice Bijoux Goya Kitenge, interrogeait publiquement le président du Sénat, sur les conditions dans lesquelles s’étaient déroulés les travaux de rénovation de l’hémicycle du Sénat et de ses dépendances. Demandant dans la foulée à son président de bien vouloir rendre public les contrats liés à ces travaux et de justifier les choix des opérateurs et comment leur avait été attribué le marché.

Le lendemain, soit le jeudi 30 avril, devant un parterre de médias couvrant les activités du Sénat, Alexis Thambwe Mwamba décidait de répondre à sa collègue, non en déposant les pièces demandées, mais en s’épanchant sur le comportement qu’aurait affiché la sénatrice Bijoux Goya-candidate questeur alors que les postes étaient en négociations. Des propos peu flatteurs pour la dame. Du coup, celle-ci avait décidé de déposer plainte contre le président du Sénat pour  » imputations dommageables et injures publiques  » devant la Cour de cassation.

QUID DE LA PAIX DES BRAVES DU 7 MAI ?

Au cours d’une plénière du Sénat organisée le jeudi 7 mai, Alexis Thambwe Mwamba et Bijoux Goya Kitenge avaient fumé le calumet de la paix, après leur brouille évoquée ci-dessus. Au cours de cette assemblée plénière, le président du Sénat, au nom du bureau de la chambre, avait offert un bouquet de fleurs à la sénatrice autrefois vexée par ses propos, avant de présenter ses excuses à cette dernière.

« Que notre collègue Bijoux Goya veille bien vouloir accepter les fleurs que le Bureau lui offre », avait dit ATM qui ajoutait « c’est pour prouver à tous nos collègues et à l’opinion qu’il n’y a aucun problème au sein de notre hémicycle et que nous travaillons en toute sérénité ».

Pour sa part, la sénatrice avait accepté les « excuses » de Thambwe Mwamaba et avait à son tour, présenté des excuses à l’assemblée plénière pour tout ce qui s’était passé à la séance plénière du jeudi 30 avril. « J’assure les collègues sénateurs que Cela ne se reproduira plus. J’ai dit et je vous remercie », avait déclaré la sénatrice à la fin de son bref propos.D’aucuns avaient donc pensé, non sans raison, que ces excuses mutuelles enterraient définitivement la hache de guerre entre les deux sénateurs qui, devant leurs collègues, avaient décidé de fumer le calumet de la paix. Hélas. Toutefois, au lendemain du dépôt de la plainte de la sénatrice Bijoux Goya contre Alexis Thambwe Mwamba au Parquet général près la Cour de cassation, des observateurs de plus en plus nombreux, avaient pensé que certains acteurs politiques voulaient bien gonfler l’incident rappelé ci-dessus, espérant en tirer des dividendes certains.

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