Amida SHATUR et JB MPIANA. Tangu bazalaka.
Amida SHATUR et JB MPIANA. Tangu bazalaka.

Procès Kamerhe : La Société civile donne de la voix pour faire échec à toute influence extérieure

Obtenir la manifestation de la vérité, c’est ce que l’opinion nationale attend du procès Vital Kamerhe et consorts contre la République. Un procès juste et équitable, souhaite-t-on, pour que les gens se rendent bien compte si les faits mis à charge du directeur de cabinet de Félix Tshisekedi sont avérés ou pas. Contre toute attente, le Groupe d’Etudes sur le Congo vient de prendre position face à l’accusation de Vital Kamerhe. Une position qui gêne dès lors que ce groupe « d’experts indépendants » a publié un document assorti des insinuations qui ne sont pas de nature à donner des chances maximales à une justice impartiale… L’action du groupe d’experts sur le Congo ne viserait-elle pas à manipuler le procès qui s’est révélé pourtant riche en mutations dès la première audience ? La question demeure. C’est ainsi que pour faire échec à toute influence extérieure tendancieuse, le Panel d’experts de la Société civile a donné de la voix. Après avoir analysé le document publié par le Groupe d’experts sur le Congo, ce panel s’interroge : Pourquoi tirer des leçons sur une situation en cours alors que l’issue du procès n’est pas connue ? La question relève clairement la subjectivité avec laquelle le Groupe d’études sur le Congo a traité la question de l’accusation de Vital Kamerhe. Devoir de justice oblige. C’est vrai que le président de l’UNC est présenté comme la pièce maîtresse du dispositif de contrôle du Programme de 100 jours du président de la République, mais jusqu’à ce que sa culpabilité ait été établie par les juges, il jouit de la présomption d’innocence par rapport à toutes les accusations mises en sa charge.

Ci-dessous l’analyse du Panel d’experts de la Société civile

Introduction

Le Panel des Experts de la Société Civile a lu avec intérêt l’analyse du Groupe d’Etude sur le Congo / Congo Research Group (GEC), un groupe basé à New York, analyse paru dans la première quinzaine du mois de mai 2020, sous le titre : Opacité, quand tu nous tiens.

Ce que l’affaire Kamerhe nous apprend de la gestion du « programme d’urgence » de Félix Tshisekedi. Considérant comme étant de son devoir de donner ses meilleures chances à la justice congolaise, le Panel s’oblige à apporter sa part de lumière sur la situation en cours.

Quand on lit superficiellement le rapport dudit Groupe, celui-ci a l’air si innocent que la première tendance est de vouloir le classer aussitôt lu. Ce serait pourtant là manquer d’en discerner le caractère tendancieux que nous nous empressons de relever dans la présente analyse.

Il en va, en effet, du devoir de justice, non seulement pour Monsieur Vital Kamerhe, lourdement chargé alors qu’il est encore présumé innocent, mais aussi pour tous les congolais qui aspirent à une justice équitable et à un véritable Etat de droit.

La présente réaction au document précité se déploie en deux moments :

Le premier relève ses insinuations tendancieuses qui sont autant d’entorses au procès en cours et, Le second montre que les accusations, dont est chargé Monsieur Vital Kamerhe, sont loin d’être ces évidences que les manipulateurs tendent à faire avaler aussi bien à la communauté nationale congolaise qu’à la communauté internationale.

I. Des insinuations tendancieuses, malsaines et contradictoires

On n’a même pas besoin d’aller au-delà du propre titre du document en question pour se rendre compte de son caractère tendancieux, malsain et contradictoire. Le lyrisme du titre principal du document en fait foi. Opacité, quand tu nous tiens ! Nous qui ? La désignation dans le sous-titre du même document, de la personne de Kamerhe, à qui on impute une « affaire », achève, par le biais d’une insinuation subliminale, de saturer un sentimentalisme qui cache mal son penchant faussement neutre. Oui, sous les aspects d’une fausse objectivité c’est Kamerhe qui serait donc mis en cause, rien qu’en ne s’arrêtant qu’au titre de ce document par la suite truffé de plusieurs propos du genre qui, plus est, sont pleins de contradictions.

De ces contradictions, le Panel des Experts de la Société Civile en relève deux au moins : une première qui consiste à désigner le coupable tout en noyant la responsabilité, et une seconde, qui lui est apparentée, et qui consiste à innocenter des responsables qui ont pourtant joué un rôle indéniable dans le « programme d’urgence », dont il convient en effet de rappeler avec insistance qu’il est celui du Président Félix Tshisekedi lui-même.

I.1. Qui donc est le responsable de l’échec du « Programme des 100 jours » ?

A la page 9 du rapport du GEC, dans le 1er paragraphe de la colonne droite, une question aussi claire qu’intéressante est soulevée par le document en présence : « Qui doit être tenu (comme) politiquement responsable de l’échec de ce programme d’urgence » initié par Félix Tshisekedi ? Encore que ce soit malvenu de condamner un Programme encore en cours d’exécution et qui, plus est, n’a jamais vraiment fait l’objet d’une évaluation aussi sérieuse que rigoureuse. Qu’à cela ne tienne.

La réponse qu’on aurait cru aisée se confond en distinguo : « … les faiblesses systémiques dont a hérité Félix Tshisekedi et son directeur de cabinet ne peuvent pas leur être entièrement attribuées » (Ibidem). A la bonne heure en effet. Car si l’on croyait facile la réponse à cette question, autant que l’opinion la plus vulgaire le fait, rejointe en cela par quelques intellectuels peu discernant et de mauvaise foi surtout, l’analyse la plus objective révèle en effet tout l’arbitraire, qu’il y a, à charger si lourdement et si injustement l’Honorable Vital Kamerhe, avec une sélectivité et un acharnement hors de tout commentaire, surtout depuis le 08 avril 2020, date où il a été écroué à Makala sans possibilité aucune d’une liberté provisoire.

I.2. Des autorités sans redevabilité

Ils sont donc nombreux à insinuer que Vital doit être coupable. Cela est nécessaire pour que les membres concernés de l’exécutif retrouvent ne serait-ce qu’une certaine innocence, fut-elle éphémère et de façade : « les ministères concernés ne seraient intervenus que pour formaliser les accords déjà conclus par la présidence de la République » retient le document à la page 9 ; pour aussitôt virer à 180° : « Toutes ces opérations n’auraient pas pu être menées officiellement sans le quitus des ministres du Budget et des Finances ainsi que le Gouverneur de la Banque centrale »(p. 8, 3ème paragraphe, colonne de droite, voir aussi p. 11, paragraphe 1, colonne de gauche, etc.).

I.3. Des actions improvisées ?

En somme, Soufflant le chaud et le froid, le document du Groupe d’Etude sur le Congo n’aurait pourtant rien perdu à mûrir davantage la réflexion.

Tantôt il met l’échec du « Programme des 100 jours » sur le compte de l’improvisation et de la précipitation.

Tantôt il signale que les actions sélectionnées pour l’exécution datent pour certaines du temps de Joseph Kabila et même de Mobutu Sese Seko (lire intégralement la page 3) !

Un public respecté aurait mérité mieux que ce clair-obscur où la culpabilité est plus suggérée qu’établie. Pour une organisation internationale d’Etude la moisson est plutôt trop mince.

II. Des accusations vacillantes et constamment sujettes au changement

On n’a pas besoin d’être un savant pour se rendre compte, les jours passant, que les accusations contre Monsieur Vital Kamerhe mutent et maigrissent plutôt régulièrement. Ce qui adresse le problème réel de leur sérieux et de leur objectivité, ce, dès le départ. Dans la première quinzaine du mois de septembre 2019, Kinshasa avait contaminé le monde entier de la rumeur du détournement par Monsieur Vital Kamerhe de 15 millions de dollars américains.

Des gens sérieux auraient souhaité connaître la suite. A la grande surprise, cette accusation ne figure même pas sur la liste des accusations retenues contre Monsieur Kamerhe ; liste par ailleurs dont sont retirées chaque lendemain des accusations pourtant encore hier tenues pour des évidences par quelques esprits dérangés. Dans l’Ordonnance n°1575/2020 statuant en chambre de Conseil sur la demande de mise en liberté provisoire demandée par les Avocats de Monsieur Vital Kamerhe, on peut lire : « … Le ministère public représenté par l’Avocat KALUILA MUANA Sylvain a allégué qu’il reproche à l’inculpé le fait d’avoir … détourné des fonds de l’Etat en passant par le mécanisme d’attribution des marchés publics de gré à gré à des entreprises fictives telle que SAMIBO qui avait reçu en numéraires… la somme de 47.000.000 USD… laquelle a disparu du circuit bancaire sans être affectée à la construction des 3.000 maisons préfabriquées mais aussi, à l’entreprise TRADE PLUS qui a reçu 10.000.000 USD… pour la fourniture des médicaments… ». Nous sommes là le 11 avril 2020.

Pourtant, dans le Procès-verbal de réception des médicaments commandés pour le compte du programme d’urgence des 100 premiers jours du Chef de l’Etat dans le secteur de la santé du 03 juin 2019, signé par le fournisseur TRADE PLUS SARL et contresigné pour réception par le Point Focal du Programme des 100 jours au Ministère de la Santé, on peut lire : « (nous directeur – point focal du programme au Ministère de la Santé et représentant du fournisseur) avons procédé à la réception totale des médicaments dont la liste jointe en annexe au présent PV et qui couvrent 100% de la quantité commandée. Ces médicaments ont fait l’objet d’une vérification quantitative en présence de deux parties et sous réserve de la vérification qualitative par les experts attitrés. En foi de quoi le présent PV est établi pour faire valoir ce que de droit ». Qui croire ? Que croire ? Certainement que quelqu’un, entre la justice congolaise et le Ministère congolais de la Santé, marche sur sa tête. Les instances attitrées attestent avoir reçu tous les médicaments dont la liste est d’ailleurs annexée, attestation que refusent de reconnaître, on ne sait sur quel fondement, l’avocat général, les réseaux sociaux, ainsi que les fanatiques. Entretemps, c’est l’honneur d’un homme qui est soit cyniquement soit inconsciemment jeté aux chiens.

Aux dernières nouvelles, le détournement des 10.000.000 USD retenus sur la liste des chefs d’inculpation avait disparu. Au même titre d’ailleurs que le détournement des fonds alloués à la construction des sauts-de-mouton, dont on ne parle plus curieusement, alors qu’ils constituent la rubrique à laquelle la plus grosse part de l’enveloppe financière du fameux programme d’urgence, a été affectée. Que penser de l’objectivité et de l’impartialité de telles poursuites ?

Ainsi, des 400.000.000 USD prétendus détournés par Monsieur Kamerhe au départ, on se retrouve aujourd’hui avec 57.000.000 de dollars destinés à l’importation des maisons préfabriqués, comme si son co-accusé, Monsieur Jammal n’en avait pas déjà livré 1200 à la République Démocratique du Congo. Ainsi en va-t-il également du 1.200.000 de dollars environ qu’on continue à incomber à Monsieur Kamerhe, alors même que son autre co-accusé, Monsieur Muhima a confirmé détenir tous les justificatifs nécessaires y relatifs après la mission de dédouanement desdites maisons préfabriqués, qu’il avait effectué à Dar-es-Salam.

La question demeure ouverte : qu’en est-il de la vérité dans le programme des cent jours du Président Tshisekedi dont Monsieur Kamerhe paraît désormais être un bouc émissaire tout trouvé ? Pourquoi lui refuse-t-on la liberté provisoire (à 5 reprises déjà) alors que son collaborateur et co-accusé est en liberté ?

Conclusion

Dans le document du Groupe d’Etude sur le Congo, nous pouvons lire à la page 2, deuxième paragraphe, colonne de droite : « sur base des documents reçus par des sources judiciaires et gouvernementales, et des entretiens avec des hauts responsables au sein des institutions congolaises, le groupe d’Etude sur le Congo (GEC) tente de tirer les leçons des dysfonctionnements relevés sur le programme d’urgence de Félix Tshisekedi… ». Certes, tous les moments sont toujours aussi bons que propices pour réfléchir. Ce poncif ne nous dispense pourtant pas de nous poser la question de savoir pourquoi est-ce en ce moment qu’il faut tirer les leçons. Tire-t-on des leçons sur une situation en cours ?

Nul doute, le document en question est paru au mauvais moment. Non seulement il ne profitera plus des lumières que cette saga judiciaire promet et projette déjà voire. Mais en plus, les insinuations qui le jalonnent ne sont pas de nature à donner ses chances maximales à une justice impartiale. Or c’est cela précisément que ces quelques lignes ont voulu faire en invitant les uns et les autres à plus de circonspection de préférence à cette propension injustifiée, que nous observons, à manipuler un procès dont les mutations n’ont pas encore cessé de nous étonner. Là est le seul gage pour la justice congolaise de travailler en toute indépendance et professionnalisme, pour faire éclater toute la vérité, en marge de toute influence extérieure tendancieuse.

Ainsi fait à Kinshasa, le 18 mai 2020

Dieudonné Mushagalusa Cirhuza Coordonnateur National & Porte Parole

A lire aussi

Covid-19 : Une forte expansion au Brésil

L’Amérique latine est devenue le principal terrain de progression de la maladie, et le Brésil …

Laisser un commentaire