Delly SESSANGA - President du parti politique Envol, en RDC.
Delly SESSANGA - President du parti politique Envol, en RDC.

RDC : Sesanga dresse un bilan négatif de l’an 1 de Fatshi

Le président de l’Envol, Delly Sesanga, dresse un bilan négatif de l’an 1 d’exercice du pouvoir de Félix Tshisekedi. Sesanga estime que les 100 jours comme préfiguration de ce que le fils de l’opposant historique devait faire durant son quinquennat, ont été une déconfiture. « Si les 100 jours ont été l’indication de ce qui sera fait sur les prochaines années, il y a lieu de recadrer les choses et les réorienter », estime le député national Delly Sessanga. Pour le Programme d’urgence de 100 jours du Chef de l’Etat, Delly Sesanga conclut à « un problème de conception dès le départ, de suivi ensuite et de l’exécution enfin ». Il nuance tout de ses propos, « ce n’est pas suffisant pour juger une politique et en tirer une conclusion objective », reconnait-il.

Le président de l’Envol, Delly Sesanga, dresse un bilan négatif de l’an 1 d’exercice du pouvoir de Félix Tshisekedi. Invité du Magazine Top presse sur Top Congo, l’élu de Luiza n’a pas été tendre à l’égard du candidat qu’il avait soutenu à la présidentielle du 30 décembre 2018. Sesanga estime que les 100 jours comme préfiguration de ce que le fils de l’opposant historique devait faire durant son quinquennat, ont été une déconfiture.

« Si les 100 jours ont été l’indication de ce qui sera fait sur les prochaines années, il y a lieu de recadrer les choses et les réorienter », estime le député national Delly Sessanga.

Pour le Programme d’urgence de 100 jours du Chef de l’Etat, Delly Sesanga conclut à  » un problème de conception dès le départ, de suivi ensuite et de l’exécution enfin ». Il nuance tout de ses propos, « ce n’est pas suffisant pour juger une politique et en tirer une conclusion objective », reconnait-il.

MEFAITS JADIS COMBATTUS

« Nous avons combattu le régime précédent pour certains méfaits que nous avons retrouvés dans la conduite de 100 jours ». Raison pour laquelle ces travaux n’ont pas donné des résultats satisfaisants.

Bref, « les 100 jours accomplis comme ce qui préfigurait ce qu’aurait été le quinquennat, il y a des choses à redire. Il faut les mesures de correction. Il y a la nécessité de recadrer les choses », analyse Sesanga.

DES INSUFFISANCES DANS LA GESTION DU COVID-19

L’autre sujet évoqué lors de ce Top presse est la gestion de la pandémie du Covid-19. « La coordination financière et l’implication de l’État en termes de moyens déployés pour la riposte (contre le Coronavirus) restent insuffisantes par rapport aux défis que nous avons », estime Delly Sessanga. L’élu de Luiza constate que « le plan de riposte élaboré (par le professeur Muyembe, estimé à 135 millions de dollars) n’a pas reçu les moyens suffisants ».

Ce n’est pas tout. Delly Sessanga relève également « l’absence de communication suffisante de manière à rassurer la population. Il y a besoin de recadrage de la part du Gouvernement et de beaucoup plus de sensibilisation. Il y a des améliorations à faire ».

IL FAUT UN ETAT MODESTE, MAIS EFFICACE

Parlant des moyens financiers, Sessanga rappelle qu’il  » a voté contre ce budget parce qu’il était irréaliste. Il a été voté en inadéquation avec les réalités. Il ne faut pas tout mettre sur le dos du Coronavirus. Le Congo est un Etat en faillite. Il a déjà fait polémique au sein du Gouvernement avant même le Coronavirus. La loi des finances est la seule loi dont seul le Gouvernement est l’auteur ou l’initiateur. Aucun parlementaire ne peut prendre cette initiative. Ce budget dès l’origine était mal conçu ».

Il reste convaincu qu’il faut « la réduction du train de vie de l’État. Je l’ai proposé quand on a adopté ce budget. Personne n’a été disposé à nous écouter. Aujourd’hui, les faits nous donnent raison ».

Il constate même qu’autour « de nous, tous les pays restregnent le train de vie des institutions ». Raison pour laquelle « je milite pour un État modeste, mais efficace. Pour y arriver, il faut un certain nombre des mesures. Il y a des réformes à faire ».

Première personnalité (député) à renoncer à ses émoluments d’avril à décembre 2020. Delly Sessanga estime que « cela n’a rien avoir avec le populisme. C’est une conviction profonde ».

L’élu de Luiza reste donc convaincu qu' »il aurait fallu réduire la taille de ce Gouvernement et des cabinets dans ce pays où des Assemblées provinciales et les gouvernements provinciaux ne sont pas payés ».

Pour lui, « la réduction du train de vie de l’Etat, doit commencer par les institutions élues dont le président de la République ».

À en croire ses propos, « Il faut que les anciens présidents de la République jouissent d’un statut, mais le traitement qui doit leur être réservé doit correspondre à notre situation sociale. Il faut une justice sociale ».

OPPOSE A L’AGENCE POUR LA LUTTE CONTRE LA CORRUPTION

« Je considère que pour lutter contre la corruption, il faut un cadre légal. Cette agence, telle qu’elle est créée, confère des pouvoirs dont normalement doivent être revêtus les membres qui sont dans le pouvoir judiciaire. Je ne suis pas contre la lutte contre la corruption. Je propose une politique qui intègre la prévention et la répression ».

Juriste, Delly Sessanga estime que « les enquêtes doivent, en matière pénale, être menées par des OPJ agissant sous le couvert du ministère public ».

Bref, l’ordonnance créant l’agence de la lutte contre la corruption doit être « rapportée et que le président de la République présente plutôt une vraie politique cohérente avec tous les instruments à titre préventif et répressif ».

BIENTOT UNE LOI SUR LES MODALITES DE L’ETAT D’URGENCE EN RDC

« Quand les esprits se seront apaisés, une proposition de loi sur les modalités de la mise en œuvre de l’état d’urgence sera déposée pour déterminer clairement l’exercice des prérogatives des uns et des autres », annonce le député national Delly Sessanga. « Il faut trouver une solution définitive sur les modalités du recours à l’état d’urgence ». L’élu de Luiza rappelle que « l’état d’urgence était une nécessité républicaine. Je l’avais demandé face à la situation imposée par le Coronavirus le 21 mars à partir de ma circonscription électorale où j’étais pendant les vacances parlementaires. Le président de la République l’a déclaré quelques jours plus tard ».

DEUX CHOSES PAS CORRECTEMENT FAITES

« Quand on a demandé l’état d’urgence, c’était pour faire face à deux choses qui ne sont peut-être pas correctement faites aujourd’hui », constate Delly Sessanga.

« La première est que le fonctionnement régulier des institutions était interrompu dès lors que les deux chambres du Parlement, avant même la proclamation de l’état d’urgence, avaient constaté qu’elles ne pouvaient pas continuer à se réunir. Par ailleurs, le Conseil des ministres avait suspendu ses propres activités ».

« La deuxième chose est que le gouvernement tarde à faire la coordination des moyens financiers et logistiques pour savoir comment est-ce que le pays fait face véritablement à cette épidémie ».

ÉTAT D’URGENCE, UNE NECESSITE

« Le contexte de l’état d’urgence me paraît celui qui est le plus approprié pour prendre rapidement les mesures pour faire face au risque que représente la pandémie pour le pays », estime Delly Sessanga.

« Dans le cadre de cet état d’urgence, il fallait prendre un certain nombre de mesures ayant trait à la liberté publique qui ne peut être restreinte que dans le cadre des mesures législatives, mais dans l’état d’urgence, c’est par voie d’ordonnance ».

Il rappelle que « toutes les mesures restreignant la liberté publique prises par le Chef de l’Etat en dehors de l’état d’urgence n’avaient pas une base réelle ».

Mais, prévient-il, « seul le juge constitutionnel peut constater la violation de la Constitution. Tant qu’il n’est pas saisi, il n’y a pas débat ».

IL FAUT UN CONGRES POUR LA PROROGATION

« En matière de prorogation de l’état d’urgence, il faut recourir au Congrès », souligne Sesanga. Tous les débats qu’il y a autour de la convocation du Congrès se justifient par la « méfiance des membres de la Coalition politique. Il faut qu’ils cessent de penser d’une part à tout moment que le président de la République peut être déchu de ses fonctions et d’autre part, de considérer que le président de la République va dissoudre l’Assemblée nationale ».

Tout en reconnaissant que « décréter l’état d’urgence confère au président de la République le pouvoir accru », Delly Sessanga signale que le Chef de l’Etat « n’a pas le droit de dissoudre l’Assemblée nationale pendant cette période de l’état d’urgence ou l’état de siège conformément à l’article 148 alinéa 3 ».

Il indique aussi que « déchoir le président de la République par une motion est une procédure complexe qui ne peut se passer que dans des circonstances déterminées et qui ne sont pas encore réunies ». 

(avec Eric WEMBA)

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