Déconfinement : La prudence reste de mise face au coronavirus en Europe

L’Europe, Italie en tête, a franchi lundi une nouvelle étape dans le déconfinement de ses populations mais la prudence reste de mise face au coronavirus qui a fait près de 250.000 morts dans le monde et contre lequel l’UE a levé plus de 7 milliards d’euros pour financer un vaccin. Dans de nombreux pays, les coiffeurs notamment ont vu affluer une clientèle hirsute, ravie de pouvoir se faire couper les cheveux après des semaines de confinement, tout en respectant les « gestes barrières ».

A Bruxelles, un téléthon planétaire organisé en ligne par la Commission européenne a rapidement permis de lever 7,4 milliards d’euros pour financer la recherche sur un vaccin.

Organisatrice de cette conférence des donateurs, qui a reçu le soutien des principaux dirigeants européens, la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, a assuré qu’un vaccin « est notre meilleure chance collective de vaincre le virus (…) Nous devons le développer, le produire et le déployer dans tous les coins du monde, à des prix abordables ».

Les Etats-Unis, qui ont ostensiblement boycotté la conférence, s’attendent quant à eux à passer dès le mois de juin la barre des 100.000 morts.

Les Etats-Unis en sont déjà à 68.000 morts et détectent depuis début avril de l’ordre de 30.000 nouveaux cas chaque jour. « Mon estimation personnelle est qu’on atteindra 100.000 morts début juin », dit à l’AFP Nicholas Reich, professeur de biostatistiques à l’université du Massachusetts.

« L’urgence n’est pas terminée »

C’est avec d’infinies précautions qu’une quinzaine d’Etats européens ont à leur tour entrepris lundi d’alléger les mesures de confinement imposées depuis des semaines à leurs habitants.

A commencer par l’Italie, pays le plus frappé du continent avec près de 29.000 morts, où les habitants sont désormais autorisés à sortir, selon des schémas variant selon les régions.

A Rome, Stefano Milano, 40 ans, ne cache pas sa « joie » de regagner un peu de liberté et de pouvoir recevoir un cousin alors que son fils s’apprête à « souffler ses bougies » d’anniversaire.

« L’urgence n’est pas terminée », martèle la ministre de l’Intérieur, Luciana Lamorgese.

Du Portugal à la Serbie en passant par la Belgique, de nombreux autres pays ont également allégé lundi le confinement, l’Autriche, pionnière en la matière, se risquant même à une rentrée scolaire partielle, de même que certains Länder allemands.

Athènes est ainsi sortie de sa léthargie, avec notamment une ruée sur les coiffeurs. « J’avais hâte de pouvoir ressortir, reprendre une vie sociale, et me faire tailler la barbe pour ne plus ressembler à un ours », plaisante Alexis Protopappas.

A Barcelone, Conchi Navarro, coiffeuse de 56 ans, respire à travers un masque, ce qui embue légèrement ses lunettes.

« Nous travaillons avec nervosité, pour appliquer strictement le protocole, respecter les mesures de protection, dit-elle. Mais il est important de montrer qu’on fait ça bien, pour que le client n’ait pas peur et revienne se couper les cheveux ».

Le casse-tête des écoles

En Turquie, les séniors de plus de 65 ans et les jeunes de moins de vingt ans, soumis à un confinement obligatoire respectivement depuis le 21 mars et le 4 avril, seront autorisés à sortir de chez eux une fois par semaine pour une durée de quatre heures, a annoncé lundi le président Recep Tayyip Erdogan.

Hors d’Europe, le Nigeria, la Tunisie ou le Liban ont aussi levé lundi certaines restrictions. « Nous venons de traverser un mois de faim et de peine. Maintenant je peux à nouveau gagner de l’argent et nourrir ma famille », se réjouit Ganiyu Ayinla, chauffeur de mini-bus à Lagos.

Selon l’Organisation mondiale de la santé, seule la découverte d’un vaccin ou d’un remède permettra de mettre fin à la pandémie qui paralyse l’économie mondiale.

Une centaine de projets de vaccins ont été lancés à travers le monde, dont une dizaine en phase d’essais cliniques, selon des données diffusées par la London School of Hygiene & Tropical Medicine.

D’ici la découverte d’un remède, le respect des gestes barrières et de la distanciation sociale restent de mise.

Un impératif qui tourne au casse-tête pour les pays qui prévoient de rouvrir les écoles. A l’image de la France, où plus de 25.000 morts ont été dénombrés et où cette décision, qui doit prendre effet à partir du 11 mai, suscite la controverse.

Sur l’île française de Mayotte, dans l’océan Indien, le début du déconfinement prévu le 11 mai a été reporté, car « le virus y circule librement », a indiqué le Premier ministre Edouard Philippe.

Au Canada, le Premier ministre Justin Trudeau a reconnu ignorer s’il enverrait ses enfants à l’école s’il habitait au Québec, province où une rentrée est également prévue le 11 mai. « Ça va être une décision extrêmement personnelle pour beaucoup de parents », a-t-il reconnu au micro de Radio-Canada.

L’Espagne, où le Covid-19 a fait plus de 25.000 morts, a redécouvert les joies du sport et de la promenade. Le déconfinement du pays doit se poursuivre par phases d’ici la fin juin.

En Allemagne, où la levée des restrictions est déjà bien enclenchée, le ministre des Sports s’est dit favorable à une reprise de la saison de football. Le test de tous les joueurs allemands de 1ère et 2ème division a recensé dix résultats positifs sur 1.724 dans les 36 clubs concernés (18 dans chaque division).

La pandémie a fait au moins 247.503 morts dans le monde depuis son apparition en décembre en Chine, dont quelque 144.000 en Europe.

Aux Etats-Unis, pays le plus endeuillé avec près de 70.000 décès, les deux tiers des 50 Etats ont mis une levée des mesures de confinement à l’ordre du jour, afin de relancer l’économie.

Le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo a affirmé dimanche disposer de « preuves immenses » que le nouveau coronavirus provenait d’un laboratoire sensible de la ville de Wuhan, berceau de la pandémie.

Des propos jugés « déments et imprécis » par la télévision chinoise CCTV, selon laquelle « le malfaisant Pompeo crache son venin et répand des mensonges sans raison ».

LES ENJEUX DU 11 MAI

Masques, déplacements, école, travail: à une semaine du 11 mai, les modalités du déconfinement, présentées lundi au Sénat par le Premier ministre Edouard Philippe, se précisent. Mais le gouvernement doit encore lever de nombreuses incertitudes.

Santé

Deux indicateurs, la circulation active du coronavirus et les capacités de réanimation, aboutiront jeudi soir à une carte de France dont les départements en vert pourront organiser un déconfinement plus large que ceux en rouge.

Partout, les Français sont désormais encouragés à porter un masque, en plus de la distanciation sociale. Le port du masque sera obligatoire dans les transports en commun ou dans les collèges.

Mais alors que chacun cherche son masque, y en aura-t-il suffisamment pour tous dans une semaine ? Le Premier ministre Edouard Philippe a assuré que oui, mais certains en doutent, comme Michaël Rochoy, médecin généraliste fondateur du collectif « Stop postillons ».

Ces masques pour le public, chirurgicaux ou textile, sont notamment vendus dans les pharmacies et, depuis lundi, dans la grande distribution.

Pour éviter une seconde vague, il faudra suivre précisément la circulation du virus. Et ce en multipliant les tests virologiques: jusqu’à 700.000 par semaine, promet le gouvernement.

L’objectif est de pouvoir tester tous ceux qui ont des symptômes, puis de retrouver leurs contacts grâce à des « brigades » départementales pour les tester à leur tour.

Les personnes positives seront invitées à s’isoler, mais la quarantaine ne sera pas imposée, le gouvernement tablant sur leur « civisme ».

Les personnes âgées, plus fragiles, sont quant à elles invitées à continuer à limiter contacts et sorties.

Transports et déplacements

Il sera possible de circuler sans attestation à partir du 11 mai jusqu’à 100 km du domicile. Les déplacements plus lointains ne seront possibles que pour « un motif impérieux, familial ou professionnel ».

Le port du masque et le respect des règles de distanciation seront obligatoires dans les transports publics.

« Les personnes qui voudront prendre un VTC, un taxi ou pénétrer dans une gare sans masque pourront se voir refuser l’accès » et le cas échéant se voir infliger une amende qui pourrait être de 135 euros, selon le secrétaire d’Etat aux Transports Jean-Baptiste Djebbari.

« Comme pour les transports terrestres, nous allons demander le port du masque obligatoire dans les avions », a-t-il par ailleurs annoncé.

La réouverture des bureaux et commerces va s’accompagner de l’augmentation de l’offre de transports en commun.

Mais les opérateurs ont prévenu que l’espacement obligatoire d’un mètre entre passagers « limitera mécaniquement (leur) capacité à transporter un nombre de voyageurs suffisant à la reprise économique ».

Les autorités appellent donc les employeurs à maintenir le télétravail et des horaires de travail différenciés pour étaler les heures de pointe.

Pour désengorger les transports publics et éviter que tout le monde ne se rue sur la voiture, le gouvernement cherche à inciter les Français à utiliser le vélo et y consacre notamment un plan de 20 millions d’euros.

L’offre de déplacements longue distance, notamment dans les TGV, continuera en revanche d’être réduite.

Ecoles

Sur le chantier titanesque du retour à l’école de quelque 12 millions d’élèves, les doutes se font plus que jamais sentir.

La rentrée est prévue sur la base du volontariat à partir du 11 mai « dans la majorité des écoles » maternelles et primaires, a assuré ce week-end le ministre de l’Education, Jean-Michel Blanquer, avec un maximum de 15 enfants par classe.

Un protocole sanitaire très strict doit encadrer cette réouverture: lavage de main à répétition, bureaux espacés d’au moins un mètre, port du masque obligatoire ou conseillé selon les circonstances… Un vrai casse-tête pour les communes chargées de préparer cette périlleuse rentrée.

De nombreux maires ont d’ailleurs fait savoir qu’ils ne rouvriraient pas les écoles le 11 mai.

Dimanche, l’association des maires d’Ile-de-France, y compris la maire PS de Paris Anne Hidalgo, a écrit au président Emmanuel Macron pour lui demander de repousser la réouverture des écoles à une date ultérieure, dénonçant un déconfinement « à marche forcée ».

Des syndicats ont aussi déposé des préavis de grève à compter du 11 mai.

Plusieurs écoles ont déjà toutefois annoncé leurs modalités de réouverture (par roulements, demi-classes…).

Pour les collèges, l’ouverture ne se fera pas avant le 18 mai, et uniquement dans les départements peu infectés par le coronavirus.

Travail

Les entreprises sont incitées en premier lieu à continuer à recourir massivement au télétravail et à prévoir sinon des horaires décalés pour les salariés devant revenir au travail.

Elles devront prévoir l’instauration d’un espace minimum de 4 m2 par salarié, avec une gestion des flux et des sens de circulation pour éviter les croisements. Cette règle s’applique également aux espaces communs, dont les ascenseurs, selon le « protocole national de déconfinement » publié par le ministère du Travail.

Le port du masque ne sera obligatoire que lorsqu’il y a un risque que les mesures de distanciation ne puissent pas être respectées.

La prise de température ne pourra pas être imposée aux salariés. Même chose pour les campagnes de dépistage du coronavirus interdites au nom du secret médical.

Ces règles viennent en complément des guides déjà disponibles sur le site du ministère, qui détaillent les mesures d’hygiène et de distanciation métier par métier.

Commerces

Les commerces restés ouverts ont déjà généralisé gestes barrière, port du masque et règles de distanciation.

Ceux qui vont rouvrir se préparent, mais ce ne sera pas simple pour tout le monde : comment respecter la distanciation sociale en coupant des cheveux ou manucurant des ongles ?

Pour tous les commerçants, il s’agira de trouver « un juste équilibre » entre sécurité sanitaire et contraintes « qui n’entravent pas l’activité » du magasin ni sa rentabilité, selon le directeur général de l’Alliance du Commerce Yohann Petiot.

« Un commerçant pourra subordonner l’accès de son magasin au port du masque », a indiqué le Premier ministre.

Pour les bars, cafés et restaurants, les interrogations sont plus nombreuses encore: il faudra attendre fin mai pour savoir s’ils pourront rouvrir « à partir du 2 juin », a prévenu Edouard Philippe. En attendant, ils sont de plus en plus nombreux à proposer de la vente à emporter.

Une exception: aux Antilles, les bars et restaurants rouvriront dès le 11 mai à Saint-Barth, où l’épidémie est très limitée, et peut-être à Saint-Martin.

Rassemblements

Après l’annulation des festivals, le report de nombreuses manifestations sportives, la vie sociale va rester très limitée, avec des rassemblements limités à dix personnes à compter du 11 mai, sur la voie publique ou dans des lieux privés.

Les grands musées, les cinémas, les salles de concert et les théâtres devront encore rester fermés après le 11 mai. Et tout évènement de plus de 5.000 participants est interdit jusqu’en septembre.

Les lieux de culte catholiques pour la plupart, restent ouverts, ce qui n’est pas le cas des synagogues et mosquées. Et Edouard Philippe a annoncé lundi que le gouvernement est « prêt à étudier » la reprise des offices religieux le 29 mai au lieu de la date du 2 juin précédemment établie, ce qui pourrait permettre aux Chrétiens de célébrer la Pentecôte. Les cérémonies funéraires resteront limitées à 20 personnes.

Du côté du sport, la saison 2019-2020 de football et des autres sports professionnels ne reprendra pas.

POLÉMIQUE SUR LA DISTRIBUTION DES MASQUES EN FRANCE

Le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, a dénoncé « une mauvaise polémique » sur la grande distribution, accusée de constituer des « stocks cachés » de masques alors que leur commercialisation a commencé lundi dans les grandes surfaces.

« Je constate que la grande distribution, depuis le début de la crise sanitaire, a parfaitement joué le jeu notamment pour garantir la sécurité de l’approvisionnement alimentaire des Français », a-t-il expliqué sur France Inter.

« Je pense vraiment que c’est une mauvaise polémique », a-t-il assuré, après un weekend où les grandes enseignes se sont défendues face aux attaques des professionnels de la santé et des politiques.

« Ce que nous souhaitons, c’est très simple: c’est que le plus grand nombre de Français puisse trouver des masques dans les lieux de consommation habituels, que ce soit les pharmacies, les grandes enseignes de la distribution, les débitants de tabac, les mairies », a expliqué le ministre.

Carrefour, Système U et Leclerc ont assuré que ces masques chirurgicaux à usage unique, dont le prix est plafonné à 95 centimes d’euros, seraient vendus au prix coûtant, à 0,50 centime selon cette dernière enseigne.

Leclerc, qui a précisé avoir déjà approvisionné une centaine de magasins avec environ 2 millions de masques, attend deux autres grosses livraisons cette semaine.

« Les masques devront ensuite être dédouanés. Ils seront reconditionnés en pochettes de 5, 10 ou 50 masques » commercialisées à raison « vraisemblablement (d’)un paquet par client dans un premier temps », a indiqué l’enseigne.

Carrefour assure pour sa part avoir « sécurisé 175 millions de masques jetables et 50 millions de masques lavables » à destination des Français.

Système U, qui a commandé 54 millions de masques à usage unique (et 10 millions de masques en tissu) et s’apprête à en recommander 30 autres millions, les vendra « par paquets de dix pour les rendre accessible au plus grand nombre ».

Enfin, le 4e grand distributeur, le groupe Intermarché/Netto, a reçu 30 millions de masques, qu’il vendra par boîtes de 50 unités à raison de 280 boîtes par point de vente. Cette commande est arrivée en France entre le 13 et le 24 avril. Une deuxième commande de 20 millions d’unités sera proposée à la vente à partir de jeudi.

Selon la secrétaire d’État à l’Économie, Agnès Pannier-Runacher, interrogée sur Europe 1, lorsque la grande distribution « annonce 500 millions de masques, elle prend ses volumes pour les 4 mois qui viennent. Il ne faut pas confondre commandes et livraisons ».

« Toute commande supérieure à 5 millions de masques doit être soumise obligatoirement à Santé Publique France qui a le droit de la réquisitionner », a-t-elle ajouté.

Cette profusion soudaine de masques dans la grande distribution a provoqué la colère des professionnels de la santé, qui peinent depuis le début de l’épidémie de coronavirus à s’équiper correctement.

Le président de la région Paca, Renaud Muselier (LR) a menacé, dans un tweet, de dépôt de « plainte pour mise en danger de la vie d’autrui et non assistance à personne en danger » et donné « trois jours à la grande distribution pour prouver qu’elle n’avait pas de stock secret de masques pendant la crise ».

DÉCÈS EN HAUSSE EN ITALIE

L’Italie, pays européen le plus touché par l’épidémie de Covid-19, a enregistré une hausse de 49,4% du nombre de décès en mars 2020 par rapport à la moyenne de ce mois sur la période 2015-2019.

Pour la période comprise entre le 20 février, lorsque le premier malade italien est signalé, et le 31 mars, la hausse est de 38,7%, avec 25.354 décès supplémentaires par rapport aux cinq années précédentes, selon le communiqué conjoint de l’Institut national des statistiques (Istat) et de l’Institut supérieur de la santé (ISS).

Sur ces quelque 25.300 décès supplémentaires, « la mortalité +directe+ qu’il est possible d’attribuer au Covid-19 (…) est d’environ 13.700 décès », selon le communiqué.

En ce qui concerne les 11.600 autres décès supplémentaires, « avec les données dont nous disposons aujourd’hui nous pouvons seulement avancer l’hypothèse de trois causes possibles », poursuivent les experts, même si elles sont toutes liées d’une manière ou d’une autre à la pandémie.

Une première partie de ces décès, non chiffrée, serait due aux décès causés directement par le Covid-19 mais sans que des tests n’aient été effectués sur ces morts, qui échapperaient ainsi à ces statistiques.

Une deuxième partie, non chiffrée non plus, serait causée par des +morts indirectes+, c’est-à-dire des complications causées par le Covid-19 comme par exemple « le dysfonctionnement des reins ou du cœur », selon les experts, et toujours chez des individus n’ayant pas été testés au virus.

La troisième partie concerne les malades décédés en raison « de la crise du système hospitalier » débordé dans un premier temps par les malades de Covid-19 « et la peur de se rendre dans un hôpital dans les zones les plus touchées », selon le communiqué.

Ces zones les plus touchées sont des départements du nord de l’Italie, épicentre de l’épidémie, qui ont enregistré des hausses moyennes de décès vertigineuses: Bergame, +568% de décès en mars 2020 par rapport à la moyenne des 5 années précédentes, Cremona, +391%, Lodi +371% ou Brescia, +291%.

L’Istat précise que ses chiffres se basent sur ceux fournis par 6.866 municipalité sur les 7.904 que compte la péninsule.

L’Italie a enregistré à ce jour 29.079 décès, +195 sur 24 heures, pour 211.938 cas, a annoncé lundi la Protection civile. La région la plus touchée reste la Lombardie avec 14.294 décès pour 78.105 cas.

Pour la première fois depuis le 10 avril, le nombre total de personnes actuellement malades est tombé sous la barre des 100.000, à 99.980, en baisse de 199 sur 24 heures.

LES ESPAGNOLS RETROUVENT, MASQUÉS, LE CHEMIN DES COMMERCES

Les Espagnols ont dû s’habituer à porter le masque devenu obligatoire lundi dans les transports en commun et des petits commerces ont rouvert alors que l’Espagne allégeait progressivement un des confinements les plus stricts au monde.

L’Espagne, un des pays les plus touchés par la pandémie, n’a enregistré que 164 morts du Covid-19 au cours des dernières 24 heures, le même chiffre que la veille, selon le ministère de la Santé. Le bilan total des morts s’élève à 25.428.

Des millions de masques ont de nouveau été distribués dans les gares et les stations de métro, au 50e jour de confinement. Jusque là, le port du masque était seulement recommandé.

Dans la station de métro et de trains de banlieue de Puerta del Sol, en plein centre de Madrid, résonnait le message: « l’usage du masque est obligatoire pour tous les usagers, à l’intérieur des wagons comme des installations ».

Des policiers municipaux et des agents de la protection civile offraient un masque à tous les voyageurs, même ceux qui arrivaient déjà masqués.

« Il commence à y avoir plus de gens, a constaté Cristina Jimenez, 31 ans, sortant du métro Sol, masquée et gantée. Jusqu’à présent je n’avais pas vu les gens avec des masques mais aujourd’hui, oui ».

Cette employée d’une agence de change explique n’avoir « jamais cessé de travailler » depuis l’imposition de l’état d’alerte le 14 mars. « Avec la situation, nous avons tous peur. Qui n’a pas perdu son emploi peut le perdre peut-être dans quelques mois avec la crise qui va se produire. Si ça m’arrive, ce ne sera pas la première fois. (…) Ce qui est important, c’est que nous soyons bien ».

Entretemps les Espagnols ont découvert qu’ils pouvaient, à certaines conditions, se rendre dans certains commerces.

Les listes d’attente s’allongent ainsi chez les coiffeurs, qui peuvent recevoir sur rendez-vous. Rendez-vous aussi pour se rendre dans les commerces de moins de 400 m2 de surface, et qui ne peuvent pas recevoir plus d’un client par employé et doivent désinfecter les locaux deux fois par jour.

L’Espagne reste néanmoins dans ce que le gouvernement a baptisé la « phase zéro » du déconfinement. Seules quatre îles – trois de l’archipel des Canaries dans l’Atlantique et Fomentera, la plus petite des Baléares en Méditerranée – entrent lundi dans la phase 1 promise au reste de l’Espagne pour le lundi 11 mai.

Là, les rassemblements de jusqu’à 10 personnes sont autorisés à condition qu’elles gardent leurs distances, les commerces peuvent ouvrir sans réservation et les marchés peuvent se tenir mais toujours en limitant le nombre de clients.

FERMETURE DE STATIONS DANS LES TRANSPORTS PUBLICS

Des fermetures de stations sont envisagées dans les transports publics afin de réduire les flux de passagers, a annoncé lundi la ministre de la Transition écologique Elisabeth Borne alors que les opérateurs craignent de ne pas pouvoir assurer la distanciation physique.

« Dans chacune des grandes métropoles, en particulier en Ile-de-France, différents scénarios sont examinés avec dans certains cas des hypothèses où on limiterait le nombre de stations ouvertes », a déclaré sur LCI la ministre, également en charge des Transports.

« Dans certains cas on n’exclut pas de fermer certaines stations, certaines correspondances pour pouvoir s’assurer que le flux d’entrées dans les transports en commun est bien maîtrisé », a-t-elle ajouté, précisant que cela devait être tranché « rapidement ».

Le Premier ministre Edouard Philippe a annoncé mardi que le port du masque et le respect des règles de distanciation seront obligatoires dans les transports publics pendant au moins trois semaines après la fin du confinement le 11 mai.

Mais les opérateurs ont prévenu qu’ils n’étaient pas en mesure d’assurer cette distanciation sans une « limitation drastique des flux en amont » à un maximum de 10% à 20% de la capacité des véhicules, dans une lettre commune envoyée jeudi au chef du gouvernement, dont l’AFP a obtenu une copie.

Un espacement obligatoire d’un mètre entre passagers « limitera mécaniquement notre capacité à transporter un nombre de voyageurs suffisant à la reprise économique », ont mis en garde les patrons de la RATP, la SNCF, Keolis et Transdev, exprimant leur hostilité à une telle mesure imposée au niveau national.

Les opérateurs craignent notamment « en cas de forte affluence, de devoir prendre (…) des décisions d’arrêt du service susceptible de générer des troubles à l’ordre public ».

« Il leur revient d’augmenter l’offre de transport le plus possible mais en même temps il faut absolument réduire drastiquement la demande aux heures de pointe », a reconnu lundi Mme Borne, rappelant l’appel aux employeurs à maintenir « le plus possible » leurs salariés en télétravail et à « étaler les horaires d’arrivée et de départ ».

« Il faut réduire drastiquement les flux et c’est ce qui rendra possible la distanciation dans les transports », a-t-elle martelé. Ce sera aux entreprises de faire respecter cette distanciation, « avec des renforts de la sécurité civile, des polices municipales et avec le soutien des forces de l’ordre ».Le défaut de port de masque dans les transports sera puni d’une amende de 135 euros. Selon Mme Borne, « il faudra aussi prévoir des contrôles et des sanctions pour qui ne respecterait pas ces règles » de distanciation.

(avec Afp)

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